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Les relations de voyage dans la culture des Lumières par Nicole HAFID-MARTIN*
A examiner lhistoire de la constitution du savoir en Occident, on ne saurait douter de lincidence des découvertes géographiques sur lévolution des mentalités et des théories. Depuis lAntiquité, ce sont les voyageurs -marins ou aventuriers, savants, missionnaires ou diplomates- qui ont conjointement tracé la carte matérielle du monde et, dune manière moins perceptible, la représentation mentale quelle autorisait. A partir de cette adéquation entre les repères visibles du globe et les divers concepts que les hommes ont forgé pour penser dautres lieux, dautres hommes, nous pouvons évoquer la littérature de voyage non plus en termes de genre littéraire mais de discours sur soi et sur lunivers. Une telle perspective -qui ne rejette pas le sens ou la beauté des textes- devient particulièrement féconde dans lanalyse du phénomène de popularité qui caractérise les relations de voyage tout au long du XVIIIe siècle. Succès constant, auprès des esprits curieux comme des cercles savants, qui nous dévoile la structure interne du modèle culturel que furent les Lumières en Europe. Dun point de vue sémiologique, il conviendrait donc détablir un rapport de causalité entre les thèmes dominants des courants de pensée successifs et le degré douverture des esprits aux réalités extérieures, ceci afin dévaluer certaines parentés idéologiques. Sans doute verrions-nous quune idée-force comme celle du progrès nest pas étrangère à la spatialisation grandissante de la notion de genre humain ainsi quà la visualisation en signes topographiques dhorizons jadis inconnus. Sil nous fallait définir le lien de proximité entre la nature énergétique du progrès et la conquête géographique de la planète, ce serait par un effet de dilatation qui correspond -ou se superpose- à limage optimiste dun monde en expansion, celle que les lecteurs se forgent au gré des descriptions de terres lointaines en cours dexploration. La relation de voyage, malgré les formes hétérogènes quelle adopte est le lieu même où cette métaphore du développement des facultés et du devenir humain trouve lune de ses plus justes significations. Ne draine-t-elle pas en effet les principaux enjeux des débats socio-politiques des Lumières, tout en participant à lédification dun savoir général que lEncyclopédie tentera de mettre en forme ? Par sa prolifération et ses variétés décriture, par limmense étendue géographique autant quethnique quelle circonscrit, la littérature de voyage élabore une sorte de métadiscours dès le milieu du siècle, sous forme de compilations et recueils. Alors que lHistoire générale des voyages (...) (1) de labbé Prévost reste lemblème qualitatif dun nécessaire effort de classement, nous ne saurions oblitérer la richesse dune production qui sépanouit dans les grands pays européens en vue de synthétiser les connaissances sur les divers continents. Citons pour exemple le Recueil de voyages nouveaux et remarquables par terre et par mer (...) dHenry Ellis (1750, Gottingue, 3 volumes), les Mélanges intéressants et curieux, ou Abrégé dhistoire naturelle, morale, civile et politique de lAsie, lAfrique, lAmérique, et des terres polaires (...) de Jacques-Philibert Rousselot de Surgy (2) en 10 volumes (Paris, 1763-1765), Le Voyageur français ou la Connaissance de lAncien et Nouveau Monde (...) de Joseph de La Porte en 42 volumes (Paris, 1765-1795), lAbrégé chronologique, ou Histoire des découvertes faites par les Européens dans les différentes parties de monde (...) de John Barrow en 12 volumes (Paris, 1766). Par ailleurs, de nombreux recueils dobservations sur les murs, religions et gouvernements des différents peuples du monde (3) traduisent la même volonté dinscrire la diversité humaine au nombre des composantes de la culture des Lumières. Mais la fonction idéologique de cette littérature de cabinet semble assujettie aux valeurs unificatrices dordre et de clarté puisquà partir de témoignages fragmentaires, elle se charge de reconstituer une image cohérente du monde. Image menacée déclatement si lesprit ne parvenait à dominer le vertige des différences et de lécart entre les nations. Quant à elle, la relation du voyageur se démarque par son statut, à la fois privilégié et contestable. Les critiques du public à lencontre desprits hardis dont certaines découvertes ou hypothèses paraissent invraisemblables, à linverse celles des explorateurs en butte au scepticisme (4) indiquent bien les exigences des uns et des autres : authenticité, rigueur mais aussi, dune manière souterraine, conformité à une vision souvent ethnocentriste (5). Plus fréquemment encore, ce sont les voyageurs entre eux qui soulèvent les polémiques -au sujet des Amazones par exemple- quand ils ne sopposent pas aux systématisations des philosophes (6). Ainsi un vivant réseau déchanges entre les lecteurs et lécrivain-témoin produit-il une véritable dynamique qui donne alors à la littérature de voyage une vigueur inégalée. Elle occupe de ce fait un espace de sociabilité qui prolonge la vie des salons et des cercles, en dépassant même les frontières grâce aux nombreuses traductions qui circulent dans lEurope entière. En France, dans la société dAncien Régime comme au-delà de la Révolution, on constate que les récits saccordent à lesprit du temps par lévolution des formes littéraires, en fonction des goûts du public mais aussi des intérêts de lélite savante. Si la relation par lettres domine longtemps la production, cest pour créer un lien de mondanité tout en permettant lexpression de sentiments comme la respectueuse gratitude à légard des commanditaires officiels. Bien souvent, la multiplication des copies manuscrites précède la publication comme dans le cas de la correspondance adressée dItalie par Charles de Brosses à son " gros Blancey " ou à Fyot de Neuilly (7), ou des épîtres que le comte Jean Potocki fait parvenir dEgypte à sa mère (8). Autant dexemples dune pratique courante dont laboutissement nest que la forme achevée du désir initial de rester présent dans les conversations. A lopposé, un ouvrage de facture impersonnelle comme le Voyage en Egypte et en Syrie (1787) de Volney nen est pas moins ancré dans lespace social quinvestissent le récit épistolaire ou le journal (9), si lon admet quil sagit du premier guide moderne à lusage dun public cultivé et curieux, tel que le cercle dAuteuil animé par Mme Helvétius (10). Mais le classement rationnel des thèmes ainsi que la démarche générale de lauteur traduisent un besoin de scientificité jusque dans la forme : Volney adopte le tableau pour échapper aux désordres de la pensée subjective. Quelques années plus tard, loeuvre dAlexandre de Humboldt -Voyages aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (...) (11) (30 volumes, Paris, 1807-1825)- offrira le plus monumental exemple dun genre qui se déclinera ensuite sur dautres modes et selon dautres structures. Quel rôle peut avoir la socialisation de récits fondés sur le caractère unique dune expérience individuelle ou celle dune équipe comme dans les expéditions maritimes ou terrestres ? Sans doute faudrait-il une définition préalable de la littérature de voyage pour la distinguer de tout ce qui sen prévaut sans apport spécifique. Si nous retenons le critère dominant de lobservation -voir, écouter, dessiner, noter et mesurer-, cest bien le témoignage que diffuse essentiellement la relation à ladresse du public sédentaire. Dans le réseau complexe des discours qui sentrecroisent entre le monde extérieur, la perception quen a le voyageur et celle, en dernier lieu, de ses lecteurs, le texte se fragmente sous leffet de chocs multiples tout en reflétant les images qui lont construit. Rien détonnant à ce quil devienne un espace de diffusion didées et de connaissances diverses, un lieu de confrontation entre cultures et, par prolongement, une aire de projection pour la pensée spéculative. Laspect documentaire répond aux curiosités et aux attentes implicites de lépoque, aussi férue dexotisme que dhistoire naturelle ou dantiquités. A cet égard, le succès considérable des Lettres édifiantes et curieuses de Chine par des missionnaires jésuites (1702-1776) nous donne mesure de lintérêt passionné du public pour les contrées mystérieuses. Sur quelques décennies, la description de la faune et de la flore mondiales saccélère au point de susciter le besoin de classer les généreuses productions de la nature, comme ces milliers de plantes expédiées des quatre coins de la terre vers les jardins botaniques dEurope (12). On constate quun tel afflux neutralise une vision désordonnée, voire inquiétante du système de lunivers puisquau travers des grandes nomenclatures de Carl Linné, Buffon ou des frères Jussieu, la science parvient à ordonner le règne végétal sinon à véritablement attribuer un sens à sa profusion. De même, toutes les autres collectes des voyageurs æ minéraux, objets divers, tracés cartographiques et relevés astronomiques, dessins, recueils de vocabulaires étrangers(13) æ servent leffort de répertoriation encyclopédique. Par exemple, tandis que Jean-André Peyssonnel, après avoir visité la Tunisie en 1724-25 sadresse directement au géographe Delisle pour lui faire rectifier sa carte de Barbarie, dautres voyageurs confient pour examen leurs échantillons aux grands spécialistes des disciplines concernées. Là encore, les mouvements déchange -inscrits dans les textes mêmes- prouvent une vitalité qui sexplique en termes de nouveauté, de corrections danciennes données, de découverte despèces, autrement dit denrichissement méthodique du patrimoine universel. Mais lautre versant de cette accumulation -tout aussi décisif pour la science- est dordre épistémologique : quand le monde se gonfle daussi rapide manière, lesprit de système sassouplit pour tenter une jonction entre le simple et le complexe, limmuable et le relatif. Si, malgré leurs divergences, le fixisme de Cuvier ou le transformisme de Lamarck se déchiffrent comme des théories sur la voie de lévolution, cest grâce à linventaire du siècle en matière zoologique et botanique mais aussi dans les domaines de lhumain. Dune certaine manière, le plus magistral essai de mise en forme dun tel inventaire serait la Description dEgypte effectuée par léquipe des savants de Bonaparte, comme héritage de la pensée des Lumières en même temps quhommage à son rayonnement. Un constat simpose après les grandes circumnavigations de Cook et de Bougainville : quand la relation de voyage décrit le monde aussi scientifiquement que le peut son auteur, elle reste le miroir dun face-à-face où lEuropéen cerne les contours de lAutre sans jamais en clarifier totalement lidentité. Leffet spéculaire des récits -si évident de nos jours- tient à la nature même de cette irréductible situation détrangeté où tout semble inversé par la couleur de lépiderme, le maintien et les murs (14). Souvent la raison dissocie ce que lon voudrait rapprocher : comment parler des peuples sauvages ou soumis au despotisme sans en référer à soi-même, cest-à-dire à sa propre culture ? Pourtant il serait injuste de dénoncer leuropéocentrisme des Lumières sans évoquer labsence de concepts pour réduire les distances, sans souligner la généreuse intuition de nombreux voyageurs, dun Anquetil-Duperron en Inde, dun Carsten Niebuhr en Arabie, dun Mungo Park en Afrique. Ceux-ci ont accepté la différence comme fondement dune ouverture sur lhistoire des autres civilisations, sans méconnaître létendue du vice colonial européen. Dautres, avec moins de dialectique, ont critiqué lesclavage sans atteindre le même sens de laltérité comme Bernardin de Saint-Pierre dans son Voyage à lîle de France (1773) ; dautres encore ont paré dexotiques langueurs leur vision de lOrient tel Claude-Etienne Savary dans ses Lettres dEgypte (1785-86). Tous, néanmoins, fournissent à leurs contemporains déblouissants décors à lorigine dune vogue persistante pour les motifs orientaux, chinois ou antiques, que ce soit dans lornement des jardins, larchitecture ou les arts décoratifs. Alors que la plupart des peintres européens se forment à Rome, le genevois Jean-Etienne Liotard pousse jusquà la cour ottomane (de 1738 à 1743) quil éclaire de délicates sanguines. Par ailleurs, les ruines dHubert Robert -qui doivent tant à lItalie- se font lécho dauthentiques travaux de transcription in situ : planches de lantique cité de Palmyre par lAnglais Robert Wood (gravées à Londres en 1753), gouaches de Jean Hoüel en Sicile (15), aquarelles de Louis-François Cassas en Grèce, Asie Mineure et Proche-Orient (16). En bref, les illustrations qui agrémentent ou fondent les relations publiées renforcent la magie de ce lointain décrit ou suggéré, toujours plus innocent que nature ; les tableaux de William Hodges -peintre anglais qui accompagne Cook durant son second voyage autour du monde (1772-1775)- ne peuvent que contribuer au mythe du paradis des Mers du Sud. Autant quun espace sémantique vers lequel converge un désir partagé par le voyageur et son lecteur, lexotisme se définit par un regard sur le monde étranger, voilé de rêves troublants sur la pureté des premiers âges. Comme genre esthétique, la littérature de voyage du XVIIIe siècle renferme assurément toutes les catégories du beau et du sublime dans la nature : en dehors des gravures, on y relève dinnombrables séquences descriptives rapportant paysages et scènes de genre, perspectives ou promesses dun Ailleurs inévitablement surprenant qui sélaborent au sein dune poétique même du voyage, dans un espace-temps inconnu du public. Mais linfluence effective des images exotiques sur limaginaire romanesque des Lumières nous serait à peine dévoilé sans luvre de voyageurs-écrivains tels que William Beckford, Bernardin de Saint-Pierre, Jacques Cazotte, Chateaubriand, Jean Potocki etc... Lunivers quils créent à partir de leurs souvenirs pour exprimer lirrationnel par le fantastique ou le rôle de la nature sur la sensibilité nous fascine encore pour cette subtile connivence entre mémoire et création, lieux réels et itinéraires symboliques. Mais quon produise soi-même lalchimie dun syncrétisme au moins visuel ou quon emprunte aux réminiscences de lectures pour créer un dépaysement, cest encore la présence dhorizons révélateurs qui imprime de son sceau divers courants littéraires, de Paul et Virginie au roman gothique anglais. Vers la fin du siècle, limprégnation du monde des lettres par celui du voyage se manifeste notamment au travers dun idéalisme dévasion ou dun moralisme dépoque comme dans les nouvelles de Florian, toutes à caractère pseudo-folklorique (17). Toutefois, sans la génération des philosophes rationalistes français, jamais le récit de voyage naurait été au cur dun moment culturel aussi profond que les Lumières européennes. En même temps que reculent les limites du monde connu avant le tracé définitif de lintérieur des continents, la pensée spéculative se déploie dans un espace en abîme, au-delà des certitudes de lhistoire. Même si " linvention " du sauvage est antérieure à cette période, sa conceptualisation coïncide avec la première vague critique contre labsolutisme monarchique à laquelle appartiennent les Dialogues curieux entre lauteur et un sauvage de bon sens qui a voyagé (1703) du baron La Hontan. Tous les grands débats sur les origines de lhomme -monogénisme ou polygénisme pour les races, pluralisme linguistique ou langue-mère, état de nature contre civilisation- puisent aux mêmes sources du relativisme des murs et des usages, de même que la réflexion politique de Montesquieu, la philosophie de lhistoire de Voltaire ou la pensée anticléricale de dHolbach. Rousseau a reconnu sa dette sans cesser toutefois despérer des voyageurs-philosophes capables de faire " sortir un monde nouveau de dessous leur plume " pour nous apprendre " ainsi à connaître le nôtre " (18). On sait également ce que doivent à la littérature de voyage des oeuvres majeures comme lHistoire philosophique et politique du commerce et des établissements des Européens dans les Deux Indes (1772) de labbé Raynal, du Supplément au voyage de Bougainville (1772) de Diderot ou, depuis oubliées, les Recherches philosophiques sur les Américains (1768-1769) de Cornelius de Pauw. Doté dune fonction aussi médiatrice dans le courant anticolonialiste du siècle (19) que normative pour les prémices dune identité ethnologique des peuples(20), le récit de voyage se déplace alors aux lisières de tous les genres jusquà lUtopie, réfractant suivant ses lecteurs les prismes dune réalité souvent incomplète mais presque constamment réductible au meilleur du patrimoine intellectuel et artistique des Lumières. * La Chapelle - France. Communication présentée au 9ème Congrès International des Lumières. Münster, juillet 1995 * * * NOTES
(1) Sa publication en 20 volumes sétend de 1746 à 1789. (2) En 1767 paraissent du même auteur, en 4 volumes, des Mémoires géographiques et historiques sur lAsie, lAfrique et lAmérique, tirés des Lettres édifiantes et des voyages des missionnaires jésuites (...). (3) Notons, au hasard, Cérémonies et coutumes religieuses de tous les peuples du monde (...) de Bernard Picart (1723-1743, Amsterdam, 11 volumes), Recueil dobservations sur les moeurs (...), les différentes langues, le gouvernement (...) de différents peuples de lAsie, de lAfrique et de lAmérique (...) de Claude-François Lambert (1749, Paris, 4 volumes), Lesprit des usages et des coutumes des différents peuples de Jean-Nicholas Démeunier (1776, Paris, 3 volumes). (4) Par exemple, lEcossais James Bruce (1730-1794) ou Bougainville. (5) Voir à ce sujet létude de Roger Mercier, " Image de lautre et image de soi-même dans le discours ethnologique au XVIIIe siècle ", Studies on Voltaire, 1976, p. 1420. (6) Pernety contre C. de Pauw, Volney contre Rousseau, C.E. Savary et Chateaubriand etc.... (7) Les Lettres familières écrites dItalie en 1739 et 1740 ne parurent quen 1799, après la mort de leur auteur ; elles furent néanmoins largement connues de son vivant. (8) Voir la dédicace du Voyage en Turquie et en Egypte, fait en 1784, éd. Daniel Beauvois, Paris, Fayard, 1980. (9) A lépoque, le journal se distingue comme forme littéraire parce quil est remanié daprès les notes initiales. Cest la forme adoptée par labbé Outhier, A.J. Pernety, Arthur Young etc.... (10) Peu après son retour dOrient, Volney sinstalla à Auteuil pour y rédiger son Voyage (...) qui lui coûta 18 mois de travail assidu. Cet ouvrage -qui connut un immense succès pour ses qualités danalyse ainsi que pour la nouveauté de sa présentation- fut la principale référence de Bonaparte et de ses officiers durant la Campagne dEgypte. (11) En compagnie du naturaliste français Aimé Bonpland, Alexandre de Humboldt effectue un immense périple à travers les possessions espagnoles (bassin de lOrénoque, Mexique, Nouvelle Grenade, Pérou) de 1799 à 1804. (12) Ces plantes (ainsi que les animaux des zones polaires, tropicales, désertiques etc...) sont minutieusement décrites et dessinées par les voyageurs ; les planches font partie intégrante des relations. (13) Deux des fondateurs du comparatisme, le jésuite Lorenzo Hervas (1735-1809) et lAllemand P.S. Pallas (1741-1811) parcourent dimmenses territoires, lun dans les missions espagnoles dAmérique du Sud, lautre en Sibérie et Russie orientale. (14) Volney décrit très justement ce phénomène à propos des Arabes dans le Voyage en Egypte et en Syrie, Paris-La Haye, Mouton and Co, 1959, p. 399. (15) Après un séjour de 3 ans (1776-79), Hoüel publie un Voyage pittoresque des îles de Sicile, de Malte et de Lipari de 1782 à 1787, texte accompagné de 264 planches gravées par lartiste lui-même. (16) L.F. Cassas (1756-1827) est lauteur dun Voyage pittoresque de la Syrie, de la Phénicie, de la Palestine et de la Basse-Egypte (1799), 1 volume de texte, 2 volumes de planches, préfacés par Volney que le dessinateur rencontra à Alexandrie en 1785. (17) Il sagit des Six nouvelles de 1784 (Biombéris, nouvelle française ; Pierre, nouvelle allemande ; Célestine, nouvelle espagnole ; Sophronime, nouvelle grecque ; Sanche, nouvelle portugaise ; Bathmendi, nouvelle persane) ainsi que des Nouvelles nouvelles de 1792 (Selmours, nouvelle anglaise ; Sélico, nouvelle africaine ; Claudine, nouvelle savoyarde ; Zultar, nouvelle indienne ; Camiré, nouvelle américaine ; Valérie, nouvelle italienne). (18) Note 10 du Discours sur lorigine et les fondements de linégalité parmi les hommes. On peut consulter létude de G. Pire : " J. J. Rousseau et les relations de voyages ", Revue dhistoire littéraire de la France, no 3, juillet-septembre 1956, pp. 355-378. (19) Louvrage que labbé Grégoire publie en 1808 -De la littérature des nègres- sargumente sur un vaste ensemble de relations diverses. (20) Nous ninsistons pas ici sur lapport ethnologique des voyageurs tant il est évident que celui-ci préfigure les travaux scientifiques du siècle suivant. Pour une approche de la question, se reporter à louvrage de Jean Copans et Jean Jamin, Aux origines de lanthropologie française, Paris, Le Sycomore, 1978. BIBLIOGRAPHIE
Sur l'Internet: Centre de recherche sur la littérature des voyages, Univ. de Paris IV L'Annuaire des chercheurs (plus de quatre cents), avec leur bibliographie récente. Possibilité d'interrogations par sujets de recherche; la Bibliographie de la littérature de voyage en langue française (BLVF). Sources primaires imprimée et manuscrites. Interrogations selon divers critères offerts par le serveur; La Lettre du voyageur. 8 numeros; le programme de ses colloques: ADAM PERCY G., "Travel literature of the 17th and 18th Centuries. A review of recent approach", Texas Studies on Literature and Language, XX, 1978, p.488-515. AFFERGAN Francis, Exotisme et altérité. Essai sur les fondements dune critique de lanthropologie, Paris, P.U.F, 1987. BERTHIAUME Pierre (éd.), "LAilleurs au XVIIIe siècle", Revue de l Université dOttawa, vol.56, N01, 1986. BOURGUET Marie-Noelle, "Voyages et voyageurs", Dictionnaire européen des Lumières, sous la direction de Michel Delon, Paris, P.U.F, 1997, p. 1092-1095. DUCHET Michèle, Anthropologie et histoire au siècle des Lumières, Paris, Maspero, 1971. HAFID-MARTIN Nicole, Voyage et connaissance au tournant des Lumìères (1780-1820), Oxford, Voltaire Foundation, 1995. MONTALBETTI Christine, Le Voyage, le monde et la bibliothèque, Paris, P.U.F, 1997. PASQUALI Adrien, Le Tour des horizons. Critique et récits de voyages, Paris, Klincksieck, 1994. WOLFZETTEL Friedrich, Le Discours du voyageur. Pour une histoire littéraire du récit de voyage en France, du Moyen Age au XVIIIe siècle, Paris, P.U.F, 1996.
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