torna al metaindice dello SWIF
torna alla home page


a cura di Paolo Quintili - quintili@uniroma2.it
Ultimo aggiornamento: 20 aprile 2001





Recherches sur Diderot et
sur l’Encyclopédie  

Numéro 29 — Octobre 2000

 

RÉSUMÉS

 

    Rafael HERNANDEZ : Le dernier voyage de Diderot à Cuba.

    A la suite de la découverte fortuite de documents troublants datant de la fin du XVIIIe siècle, l’auteur, érudit cubain, se lance dans une enquête ardue mais passionnante: quel pouvait bien être ce Lerwinier, ou ce J. Lanjuinais, colon (?) français éclairé installé à Saint-Domingue puis à Cuba à la veille des Révolutions française et haïtienne? Aidé par une savante et amicale coopération internationale, l’auteur en arrive à la conclusion suivante, aussi incroyable que nouvelle: Denis Diderot ne serait pas mort à Paris le 31 juillet 1784, il ne serait pas inhumé à Saint-Roch, mais aurait vécu de nombreuses années encore dans le monde superbe et enfiévré de la Caraïbe... Et ce voyage n’aurait pas été le premier! Saisissantes révélations, qui mobilisent notre esprit critique. A lire toutes affaires cessantes.

     

    Pascale PELLERIN : Naigeon: une certaine image de Diderot sous la Révolution.

    Parmi tous les proches et les amis de Diderot, Naigeon est une figure centrale pour saisir la réception de l’encyclopédiste durant la Révolution. Légataire des œuvres de Diderot, Naigeon est le seul à se réclamer de lui jusqu’à la chute de Robespierre. La publication des premier et deuxième tomes de la Philosophie ancienne et moderne pour l’Encyclopédie méthodique de Panckouke constitue autant une tribune politique – Naigeon y combat les rois et les prêtres – qu’une défense de l’homme Diderot et de sa philosophie matérialiste, contre même l’abbé Morellet, par exemple, philosophe ennemi de la violence révolutionnaire symbolisée par la célèbre formule du curé Meslier.

    En 1798, Naigeon publie une nouvelle édition en quinze tomes des Œuvres de Diderot. Entendant dédouaner son grand homme de toute collusion avec Babeuf et la conjuration des Egaux, il y attaque les contre-révolutionnaires, particulièrement Fontanes et La Harpe, qui profitent du procès Babeuf pour transformer le Philosophe en révolutionnaire violent et sanguinaire avant la lettre, mais il ne manque pas de réprimander Diderot lui-même pour son libertinage excessif, notamment dans Jacques le Fataliste. Naigeon se heurte également à la fille de Diderot qui se sent dépossédée des œuvres de son père et se tourne vers Meister, contre-révolutionnaire, pour qu’il établisse une critique de l’édition de 1798.

    Naigeon a sans doute confondu son attachement à Diderot avec son engagement dans la Révolution. Mais cette confusion porte en elle l’une des images multiples du Philosophe.

     

    Young-Mock LEE: Diderot et la lutte parlementaire au temps de l’ Encyclopédie.

    Diderot, comme l’explique J. Proust, était politiquement – du moins pendant les années d’Encyclopédie – "absolutiste". J. Lough montre pour sa part qu’il s’est "rangé du côté des Parlements dans leur lutte contre la monarchie absolue". Le présent article, première partie d’une étude en deux volets, veut montrer en quoi ces deux jugements sont également recevables. Il expose de manière détaillée comment, par le biais de l’Encyclopédie, notamment dans le tome VIII, Diderot (puis, plus tard, Jaucourt?) sont intervenus dans les durs conflits qui ont opposé les parlementaires jansénistes et le pouvoir royal. Alliance contre nature, ou conjonction logique d’intérêts, sur fond de suppression de la Compagnie de Jésus ? On voit apparaître dans cette affaire la figure importante et par certains aspects inquiétante de Le Paige, à qui Diderot s’est efforcé, à la fin des années soixante, de rendre service.

     

    Odile RICHARD: De la lettre à la "Rêverie": Diderot randonneur de l’esprit dans les Lettres à Sophie Volland

    Les quelques lettres à Sophie Volland que Diderot a consacrées à des descriptions de jardins et à des récits de promenade méritent qu’on s’y arrête un instant, en particulier dans la mesure où ces derniers rappellent La Nouvelle Héloïse en anticipant sur les Rêveries du Promeneur Solitaire de Rousseau. Malgré la brouille entre les deux philosophes, apparaissent là deux sensibilités, voire deux techniques extrêmement proches. L’une, héritée de l’usage stoïcien, consiste à consigner dans une lettre les détails d’une vie consacrée à l’exercice d’une discipline faite de rigueur et de méditation – celle-ci accessoirement menée au grand air. L’autre, plus moderne, s’imprègne du paysage jusqu’à établir des liens esthétiques et sentimentaux entre la nature et l’état de 1’âme, et se montre même à la base de l’écriture autobiographique qui constitue Les Rêveries. Mais, à mi-chemin entre ces deux pôles d’écriture qui le rapprochent de Rousseau, Diderot manifeste aussi ce qui fonde sa pratique au sein des Lettres à Sophie Volland. Depuis La Promenade du Sceptique, le philosophe marque en effet son attachement à la recherche d’une forme/fonction de la pensée qui reproduirait, ainsi qu’une randonnée parfois chaotique à travers champs, le cheminement singulier d’une réflexion poétique poursuivie au gré des méandres d’une conversation intérieure: davantage par association et bifurcation que par syllogismes.

     

    Colas DUFLO : Le système du dégoût. Diderot critique de Boucher

    Une esthétique se définit autant par ce qu’elle refuse que par ce qu’elle accepte. Celui qui, comme Diderot, prétend justifier ses jugements esthétiques, doit expliciter ses dégoûts aussi bien que ses admirations. C’est pourquoi on peut travailler à comprendre l’esthétique de Diderot et à en vérifier la cohérence en étudiant aussi ce qu’il rejette. De ce point de vue, la place accordée à la peinture de Boucher dans les Salons est exemplaire. Il s’agit ici de rendre compte des différents aspects de ce que Diderot appelle "la fausseté de Boucher".

    En refusant d’approuver tant l’engouement général que l’admiration des peintres pour Boucher, Diderot invente une nouvelle position, celle du critique philosophe.

     

    Éliane MARTIN-HAAG : Du " rêve " comme condition humaine: poésie et philosophie dans le Rêve de D’Alembert.

    Qu’un philosophe matérialiste et ardent défenseur des savoirs expérimentaux présente un de ses ouvrages majeurs comme un "Rêve", est assez étonnant pour qu’on s’interroge sur les différents sens de ce terme. Notre étude s’intéresse donc à la poésie philosophique et scientifique de l’ouvrage, en tentant de montrer qu’elle est solidaire d’une nouvelle conception de la rationalité, qui revalorise le rêve, et institue un commerce de lumières entre l’imagination artistique et la philosophie, sans sombrer pour autant dans le simple "délire raisonné", qui désigne l’imaginaire ou l’irréel propre à l’esprit de système. Le rêve se donne comme condition humaine, en un sens indépassable, dans un matérialisme pour qui l’homme est toujours enfermé dans l’imagination, par son absence de volonté libre, et du fait de son organisation physique, à moins qu’il ne se fasse poète ou philosophe. Des liens complexes peuvent alors se tisser entre l’expérience poétique et l’expérience scientifique: il s’agit, en accord avec la démarche encyclopédique de Diderot, de bouleverser les hiérarchies et les frontières traditionnelles du savoir, afin de défendre une liberté de conjecturer et de rêver qui n’est pas dénuée de règles, car le problème de la vérification se substitue à la recherche d’un critère de vérité.

     

    Véronique LE Ru : L’ambivalence de l’idée de progrès dans le Discours préliminaire de l’Encyclopédie ou le labyrinthe de la raison.

    La présentation que fait D’Alembert des progrès des sciences et des arts dans le Discours préliminaire de l’Encyclopédie illustre parfaitement le compromis ambigu dans lequel se loge la pensée du milieu du siècle à l’égard de la notion de progrès. L’Homme se découvre alors être un animal historique qui a besoin de temps pour produire les progrès des sciences et des arts, mais en même temps la nature de l’Homme peut se dégrader dans l’histoire. Ce sont des ténèbres des siècles d’ignorance que surgissent les lumières de la raison, mais celles-ci peuvent être de nouveau obscurcies par la corruption et la barbarie. La conception cyclique du temps où les révolutions animent l’alternance du progrès et de la barbarie commande une vision ambivalente voire pessimiste de la nature humaine dont l’inscription dans l’histoire est conçue de façon paradoxale comme un privilège et comme une malédiction. Le Discours préliminaire de 1’Encyclopédie exprime pleinement cette contradiction entre la foi rationaliste dans les progrès humains et une invincible méfiance à l’égard de l’histoire et de l’avenir de la civilisation.

     

    Jean HAECHLER et Françoise JOUFFROY-GAUJA: L’article CERTITUDE de l’Encyclopédie commenté par un souscripteur anonyme.

    Un souscripteur anonyme de l’Encyclopédie a, parmi de nombreux commentaires marginaux, annoté l’article CERTITUDE, composé par l’abbé De Prades. L’" introduction " et la " conclusion " qu’y joint Diderot sont fort critiques (bien que sous une forme voilée) des thèses de l’abbé, lequel défend l’authenticité des faits surnaturels dans un esprit peu " encyclopédique " et va jusqu’ à attaquer... l’ auteur des Pensées philosophiques ! Les attentives annotations du souscripteur breton, esprit caustique et éclairé, soit internes à 1’article, soit développées en marge, manifestent sa connaissance, par exemple, des calculs de probabilité de J. Craig, et son incompréhension devant les ambiguïtés tactiques de Diderot, nécessairement solidaire de l’abbé, qui est, comme on sait, violemment attaqué alors par les adversaires de l’Encyclopédie. Cela n’enlève rien à la grande qualité de ces commentaires: le dictionnaire avait, dans les provinces, des lecteurs dignes de lui.

     

    John O’NEAL: L’évolution de la notion d’expérience chez Boullier et Condillac sur la question de l’âme des bêtes.

    Le dualisme métaphysique de Descartes en séparant l’âme du corps comme deux substances distinctes faisait de l’homme un être raisonnable, mais au préjudice des animaux qui s’expliquaient par tout un jeu de mécanismes. Il n’en subsistait pas moins un problème concernant une certaine ressemblance ou analogie remarquable entre les humains et les bêtes. Qu’en était-il du caractère sensible des animaux qui semblait si évident ? On s’est souvent servi au XVIIIe siècle de la notion d’expérience pour justifier l’existence de 1’âme des bêtes, ce qui le différencie nettement du siècle précédent, marqué par i’innéisme cartésien. Grâce en grande partie à la propagation des idées de John Locke en France, la notion d’expérience se situera au centre même de la pensée des Lumières et fera partie intégrante de sa nouvelle méthode.

    L’une des réponses les plus élaborées du XVIIIe siècle au système des animaux-automates de Descartes et au mécanisme de ses successeurs fut proposée par David-Renaud Boullier dans son Essai philosophique sur l’âme des bêtes (1728; deuxième édition en 1737). (L’article ÂME DES BÉTES (1751) de l’abbé Yvon dans l’Encyclopédie reprend par endroits les thèses, voire les exemples, de Boullier presque mot à mot). Etienne Bonnot, abbé de Condiliac, écrira son Traité des animaux en 1755. Les uns et les autres croyaient à l’existence de l’âme des bêtes. Mais, de Boullier à Condillac, représentants de courants de pensée majeurs du siècle sur cette question, un changement fondamental s’opère dans la notion d’expérience qui "évolue" entre la première et la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Les affinités et les divergences de leurs écrits et finalement leurs approches différentes de la notion d’expérience tournent autour des degrés de complexité, de nécessité et de hiérarchie que les deux auteurs y constatent. On en conclut que leur vision du monde, où la sensibilité ne se limite pas seulement aux hommes, est de plus en plus complexe et commence à être quelque peu problématique (malgré l’occasionalisme des deux auteurs) et de moins en moins hiérarchisée.

     

     

     

    SUMMARIES

     

    Rafael HERNANDEZ : Diderot’s last voyage to Cuba.

     Following the chance discovery of intriguing later l8th-century documents, the author, a Cuban scholar, undertook difficult but fascinating research to discover the identity of a Lerwinier or J. Lanjuinais, an enlightened Frenchman who settled in Saint-Domingue and then in Cuba on the eve of the French and Haitian revolutions. Thanks to the friendly cooperation of international scholars, the author reached the incredible and unexpected conclusion, that Denis Diderot did not die in Paris on 31st July 1784 and was not buried in the Saint-Roch cemetery, but lived on for many years in the magnificent, fevered world of the Caribbean. And this journey was apparently not the first ! Drop what you are doing and read these amazing revelations, which appeal to our critical faculties.

     

    Pascal PELLERLIN: Naigeon. A certain image of Diderot during the Revolution.

    Naigeon, the legatee of Diderot’s works, is a central figure for the understanding of Diderot’s reception in the French Revolution. He was the only person to proclaim his affinity with him before the fall of Robespierre. The first two volumes of Ancient and Modem Philosophy for Panckouke’s Encyclopédie méthodique constituted both a political platform from which to attack kings and priests and a defence of Diderot and his materialistic philosophy against even the abbé Morellet, a philosophic enemy of revolutionary violence symbolised by the curé Meslier’s famous phrase. In 1798, Naigeon published a new 15-volume edition of Diderot’s works with the aim of dissociating his hero from any collusion with Babeuf and the conspiracy of Equals. He therefore attacked counter-revolutionaries like Fontanes and La Harpe, who took advantage of Babeuf’s trial to turn the Philosophe into a bloodthirsty revolutionary, but he himself reprimanded Diderot for his excessive libertinism, particularly in Jacques le Fataliste. Naigeon also came into conflict with Diderot’s daughter, who felt he had dispossessed her of her father’s works and asked the counter-revolutionary Meister to write a critique of the 1798 edition. Naigeon doubtless confused his attachment to Diderot and his revolutionary engagement, but this very confusion reflects one of the Philosophe’s many faces.

     

    Young-Mock LEE : Diderot and parliamentary struggles at the time of the Encyclopédie.

    Diderot was, as J. Proust explains, politically ‘absolutist’, at least during the Encyclopédie years, while J. Lough shows that he took the Parlements’ side in their struggle against absolute monarchy. This article, the first of a two-part study, aims to show that these two judgements are equally valid. It studies in detail how, by means of the Encyclopédie, especially in volume VIII, Diderot (and later Jaucourt?) took a stand in the hard-fought conflict between the Jansenist parliamentarians and the Crown. One can wonder whether this was an unnatural alliance or a logical union of interests against the background of the abolition of the Jesuits. In this affair we see emerging the important but slightly sinister figure of Le Paige, for whom Diderot did favours at the end of the 1760s.

 

Odile RICHARD: From letter to ‘Rêverie’. Diderot’s mental excursions in the Letters to Sophie Volland.

The few letters to Sophie Volland devoted to descriptions of gardens and accounts of walks are worth attention, particularly as they are similar to Rousseau’s Nouvelle Héloïse or Rêveries du promeneur solitaire. Despite the two philosophers’ quarrel, we see here two sensibilities and even two techniques which are in fact very dose. One, the heir of Stoic usage, consists in setting out in a letter the details of a life devoted to a discipline of rigour and meditation conducted, incidentally, in the open air. The other, more modem, aims at being impregnated by the landscape, to the extent of establishing aesthetic and sentimental ties between nature and mood; it is even the basis of the autobiographical writing constituting the Rêveries. But, halfway between these poles which bring him closer to Rousseau, Diderot also shows us the basis of his writing in the letters to Sophie Volland. From the Promenade du sceptique onwards, we see his search for a form/function of thought reproducing – like a rather disorganised cross-country excursion – the particular itinerary of a poetical reflection progressing like a meandering interior conversation, more by association and branching than by syllogisms.

 

Colas DUFLO: The System of distaste. Diderot’s criticism of Boucher.

Aesthetics can be defined as much by what is refused as by what is accepted, and someone who, like Diderot, claims to justify bis æsthetic judgements, must clarify his distaste as well as his admiration. That is why we can try to understand Diderot’s aesthetics and verify its coherence by studying also what he rejects; from this point of view, the pages in the Salons devoted to Boucher’s painting is exemplary. This article analyses the different aspects of what Diderot calls Boucher’s ‘falseness’. His refusal to approve either the general enthusiasm of Boucher or other painter’s admiration leads Diderot to invent a new position, that of the philosophical critic.

 

Eliane MARTING-HAAG : The ‘dream’ as the human condition. Poetry and truth in the Rêve de D’Alembert.

The fact that a materialistic philosopher and ardent believer in experimental knowledge should present one of his major works as a ‘dream’ is surprising enough for us to consider the different meanings of the word. This study therefore concerns the work’s philosophical and scientific poetry, in order to show that it goes with a new conception of rationality which rehabilitates dreaming and sets up an enlightened intercourse between artistic imagination and philosophy. It does not however fall into a mere ‘reasoned delirium’, meaning the imaginary or unreality specific to the systematic mind. The dream is the inevitable human condition for a materialism in which man is always imprisoned in his imagination due to his lack of free will or his physical make-up, unless he becomes a poet or a philosopher. Complex links can thus be formed between poetic and scientific experience; as in the Encyclopédie, the traditional hierarchies and frontiers of knowledge can be overturned in order to defend free conjecture and dreaming which is not however devoid of rules, as the problem of verifications replaces the search for a truth criterion.

 

Véronique LE Ru : The ambivalence of the idea of progress in the Encyclopédie ‘Discours préliminaire’ or the labyrinth of reason.

D’Alembert’s presentation of the progress of science and the arts in the ‘Discours préliminaire’ illustrates perfectly the ambiguous compromise characterising mid-century thought on the notion of progress. Man discovered that he was a historical animal who needs time to produce scientific and artistic progress, but at the same time his nature can degenerate through history. Enlightened reason emerges from the darkness of centuries of ignorance, but it can be obscured again by corruption and barbarism. The cyclical conception of time, in which revolutions bring an alternation of progress and barbarism, produces an ambivalent and even pessimistic vision of human nature ; being part of history is seen, paradoxically, as both a privilege and a curse. The ‘Discours préliminaire’ expresses this contradiction between a rationalistic faith in human progress and an invincible distrust of history is seen, paradoxically, as both a privilege and a curse. The ‘Discours préliminaire’ expresses this contradiction between a rationalistic faith in human progress and an invincible distrust of history and the future of civilisation.

 

Jean HAECHLER and Françoise JOUFFROY-GAUJA : Comments on the Encyclopédie article CERTITUDE by an anonymous subscriber.

An Anonymous subscriber to the Encyclopédie made numerous comments in the margins, including on the article CERTITUDE by the abbé de Prades. The ‘introduction’ and ‘conclusion’ added by Diderot are strongly critical, although in a veiled form, of the abbé’s very un-encyclopedic theses defending the authenticity of supernatural events; he even attacks the author of the Pensées philosophiques ! The Breton subscriber’s notes (in the body of the article or in the margins) reveal a sarcastic enlightened mind and a knowledge of, for example, J. Craig’s probability calculations. They also show that he had difficulty understanding Diderot’s tactical ambiguity and his necessary support for Prades, who was violently attacked by the Encyclopédie’s enemies. This in no way detracts from the high quality of the commentaries, which show that the work had provincial readers worthy of it.

 

John O’NEAL: The evolution of the notion of experience in the writings of Boullier and Condillac on animal souls.

By separating the body from the soul as two distinct substances, Descartes‘s metaphysical dualism underlined man’s rational nature, but at the expense of animals, whose behaviour was explained in purely mechanical terms. There remained, however, a problematic analogy between humans and animals. What could one make of the obvious sensitive character of animals? Unlike their predecessors, who appealed to Cartesian innate ideas, 18th-century thinkers used the notion of experience – which became central to Enlightenment thought, primarily because Locke’s ideas were disseminated in France – to justify the existence of animal souls. The most important 18th-century responses to Descartes‘s system of animal-automata and to his disciples’ mechanism were David-Renaud Boullier’s Essai philosophique sur l’âme des bêtes (1728, 2nd ed. 1737), used heavily and even copied in Yvon’s Encyclopédie article ÂME DES BÊTES (1751), and Condillac’s Traité des animaux. Both believed in the existence of animal soul, but from the former to the latter the notion of experience underwent a fundamental transformation, as it ‘evolved’ between the first and the second halves of the l8th Century. The similarities and differences in their writings, and ultimately their different approaches to the notion of experience, result from the degree of complexity, necessity and hierarchy that they see in it. Their world view, in which sensibility is not limited to humans, becomes increasingly complex and somewhat problematic as it becomes less and less hierarchical.





 

 
SWIF - Sito Web Italiano per la Filosofia
Copyright © 1997-2001
torna all'indice dello SWIF